Art contemporain

Du fauvisme à l'art modeste

Les villes de Collioure, Sète et Céret ont eu une influence auprès d’artistes majeurs et notamment des membres du mouvement du fauvisme. Mais l’histoire entre l’art et la région ne s’arrête pas là. La destination Sud de France bénéficie d’un patrimoine culturel hors pair et abrite de nombreux musées des beaux-arts classiques et centres d’art contemporain 

Si le Roussillon fut le laboratoire de la peinture moderne avec Picasso, Braque, Max Jacob, Soutine, Chagall et un temple de la sculpture grâce à Maillol, le littoral héraultais fut jadis le lieu d’inspiration de Gustave Courbet – connu mondialement pour son œuvre “l’origine du monde”. Côté art populaire, et de façon plus malicieuse, la région est le berceau du dessinateur humoristique Albert Dubout qui a croqué Palavas. Dans les années 1960, les instigateurs du mouvement supports/surfaces qui accorde une importance égale aux matériaux, aux gestes créatifs et à l'œuvre finale étaient souvent issus de la région : les Viallat, Dezeuze, Devade, Dolla, Bioulès ont grandement participé à démystifier l’objet artistique.

Aujourd’hui, le plus célèbre des artistes de la région est sans conteste Pierre Soulages, installé entre Paris et Sète. Ses peintures mono pigmentaires, toutes fondées sur la réflexion de la lumière et les états de la surface du noir que l’on désigne de l’expression “Outre-noir”, l’ont amené à exposer au Centre Georges-Pompidou à Paris, au Musée de l’Hermitage de Saint-Pétersbourg avant qu’en 2007, le Musée Fabre de Montpellier lui consacre une salle, suite à une donation de vingt œuvres de l’artiste à la ville.

Un temps, Anselm Kieffer, célèbre artiste auteur de sculptures monumentales, eut son atelier à Barjac dans le Gard. Sophie Calle, plasticienne réputée, dont le travail d'artiste consiste à faire de sa vie, notamment les moments les plus intimes, son œuvre en utilisant tous les supports possibles, aime à se ressourcer au Cailar, en petite Camargue. Et n’oublions pas que la figuration libre – qui a explosé dans les années 80 avec ces toiles rock et arabisantes, cette peinture volontairement “grossière” quand il ne s’agit pas de “bad painting” – si elle est née à Nice, a trouvé ici une terre d’élection.

En prolongement de ce mouvement, le sétois Hervé Di Rosa a d’ailleurs inventé l’art modeste, qui dispose depuis 13 ans de son musée international, le Miam, à Sète. Aujourd’hui, de nouveaux talents qui exposent leurs œuvres dans les nombreuses galeries et centres d’art contemporains de Collioure à Aigues-Mortes, de Nîmes à Carcassonne en passant par Lodève, Narbonne, Céret, Perpignan, Béziers ou Sérignan.

Ici, l’art contemporain s’affiche dans des musées, des chais, des églises désaffectées, des anciennes conserveries dans un festival de couleurs et d’audace.

La région comptent de nombreux musées d’art moderne importants dont certains, classés musées de France. Le Musée des beaux-arts de Nîmes, important centre d’Art, qui dispose de la deuxième collection d’art du Languedoc-Roussillon possède également un espace entièrement dédié à l’art contemporain : le Carré d’Art de Nîmes, qui accueille des expositions temporaires d’influence internationale. 

En matière de musée des beaux-arts et d’art contemporain, Sérignan fait également bonne figure. Gustave Fayet, un riche propriétaire viticole, y soutenait dans un espace d’art, les artistes d’avant-garde comme Gauguin et Odilon Redon. C’était dans les années 1920. Aujourd’hui devenu centre régional d’art contemporain phare, ce Musée de Sérignan, présente plus de 400 œuvres d’une centaine d’artistes et porte un regard sur la création contemporaine des années 60 à nos jours.

A Montpellier, le Fond Régional d’Art Contemporain (FRAC) est riche de 1 200 œuvres représentatives de l’actualité française et internationale. Là encore, s’affiche une volonté de montrer les formes les plus actuelles de l’art vivant et de promouvoir les jeunes artistes. 

Installé dans un ancien centre de congélation et de conservation  du poisson, le Centre Régional d’Art Contemporain (CRAC) à Sète joue l’identité méditerranéenne et s’oriente vers les cultures du monde. Ce centre d’art original relie les courants artistiques du Nord et du Sud, de l’Italie et de l’Espagne, de l’Occident et de l’Orient.

Accent méditerranéen aussi pour le Carré d’Art de Nîmes, installé dans un bâtiment de fer et de verre, dans la ville célèbre pour son architecture contemporaine. Quatre-cents œuvres proposent un panorama de l’art contemporain français et une présentation des tendances anglo-saxonnes. Le Carré d’art de Nîmes accueille régulièrement des figures importantes de la scène française moderne des arts plastiques et de la photographie. 

Mais l’art peut parfois relever de l’insolite, notamment avec l’art vivant ! Témoin, le Musée International des Arts Modestes (MIAM), fondé par Hervé Di Rosa et Bernard Belluc est probablement le musée de Sète le plus décalé. Réaménagé dans un ancien chais à vin, le Miam se veut un laboratoire. Il rassemble des jouets, des figurines, des bibelots plus bariolés les uns que les autres.

Impossible de terminer ce tour d’horizon sans faire une halte au Musée Fabre de Montpellier. Un des plus importants musées du sud de la France qui, dans ses collections permanentes, présente deux  « icônes » de l’art contemporain : Pierre Soulages et Claude Viallat. L’un fait surgir la lumière de ces rectangles noirs, l’autre laisse des empreintes colorées sur de vielles bâches de récupération.

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