Fêtes du taureau et du cheval

Ferias et bouvine

En Petite Camargue entre le Gard et l'Hérault, en Languedoc-Roussillon, la saison estivale donne lieu à des fêtes et des festivals comme les ferias autour de deux animaux emblématiques : le cheval et le taureau de Camargue.

Les ferias, un rituel minutieux et des fêtes flamboyantes

S’il faut remonter au IXe siècle pour voir apparaître les premières corridas, durant les fêtes données par les rois de la péninsule ibérique, c’est qu’il s’agit d’un spectacle qui n’a cessé d’évoluer tout au long des époques. En Languedoc, la corrida est apparue au XIXe siècle et dès lors, n’a eu de cesse de susciter l’enthousiasme d’un public devenu de plus en plus friand, d’autant que la feria est avant tout une fête qui se passe dans la rue. Partie intégrante du patrimoine culturel languedocien depuis avril 2011, les ferias se déroulent, pour la plupart, au printemps et en été, dans le Gard et l’Hérault mais aussi les Pyrénées-Orientales. Temps fort de la vie locale, les ferias mettent à l’honneur chevaux et taureaux, durant toute une semaine de festivités : à Nîmes, celles de Pentecôte et des Vendanges rassemblent la foule au grand air, tout comme à Béziers, CéretPalavas ou encore Alès.

Ainsi, ces journées, synonymes de fête flamboyante, sont minutieusement ritualisées : la corrida en fin d’après midi pour les amateurs, dans des arènes qui sont comme à Nîmes des lieux chargés d’histoire. Puis l’apéritif, moment sacré où les aficionados et les visiteurs viennent fraterniser, allant d’un point à un autre au gré de leurs envies. Pour l’occasion les bars sortent leurs comptoirs à l’extérieur et les bodegas se multiplient, tandis que des concerts et des spectacles dans les rues attirent des milliers de spectateurs.

La bouvine, le taureau au centre des traditions

Comprenant tradition taurine et chevaline, la bouvine n’est autre que le terme générique regroupant ce qui touche la civilisation camarguaise et ses jeux. En ces terres marécageuses, le cheval a souvent trouvé sa place dans l’escorte et les fêtes locales du Gard et de l’Hérault. 

Ainsi, abrivados et courses camarguaises, font partie intégrante d’une identité locale forte et animent le territoire languedocien dès le printemps. Si autrefois, l’abrivado désignait le déplacement des taureaux des pâturages vers les arènes de la ville, il s’agit désormais d’une simulation purement festive, dans laquelle le cheval et le taureau mènent la danse. Encadré d’une dizaine de cavaliers (les gardians), le bétail est donc emmené au pas de course à travers les rues de la ville en fête. Spectacle et ambiance garantis !

Tant et si bien qu’aujourd’hui, des courses d’abrivados sont même organisées afin que les “attrapeurs”, ramènent le plus de taureaux avec eux. Après l’entrée des bêtes dans l’arène, annoncée par “l’èr di biou”, commence la course camarguaise. Jeu d’adresse sans mise à mort et sans chevaux, elle ne manque pas moins de piquant puisque son principe veut qu’un taureau camarguais, petit et vif, affublé d’une cocarde, d’un pompon de laine blanche et d’une ficelle, se voit pourchassé par un raseteur, chargé de les lui subtiliser.

Pendant le “raset”, les participants tout de blanc vêtus, redoublent ainsi d’agilité pour s’emparer des précieux attributs. Et, la confusion règne quant à savoir qui de la bête ou de l’humain pourchasse l’autre, puisque les taureaux les plus féroces acculent sans mal le raseteur jusqu’à la barrière ! A Nîmes, les afeciounas (les passionnés) attendent chaque années le Biou d’or et encouragent leurs futurs vainqueurs avec ferveur. D’ailleurs, une fédération française de la course camarguaise dont le siège est dans le Gard, régie les règles de ce sport à part entière.

Fédération française de la course camarguaise : http://ffcc.info

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