Aigues-Mortes

Ville forteresse

Construite par Saint Louis, la médiévale cité des eaux mortes demeure au premier plan.

Ici comme nulle part ailleurs, l’homme a dû dompter les caprices de la nature. Pêcheurs et sauniers ont construit l’histoire de la cité. Résistante, elle demeure par ses tours et ses remparts, élue comme un mystère, caprice d’un autre temps planté dans l’indomptable Camargue. Un temps d’échanges, de guerres et de croisades. Un temps d’histoire.

A l’origine, au XIIIe siècle, Aigues-Mortes est choisie par Louis IX, qui deviendra Saint Louis, comme port d’embarquement en Méditerranée. Au temps où la Provence appartient à l’empire germanique et le Roussillon aux rois d’Aragon, elle est échangée contre des terres de Sommières. La cité des eaux mortes, alors située sur les rivages d’une immense lagune, communique avec la mer par les graus et avec le bras le plus occidental du Rhône par ses immenses marais. Louis IX fait construire une chaussée endiguée, seul accès terrestre entre Aigues-Mortes et la terre ferme, défendue ultérieurement par la Tour Carbonnière. 

Il embarque pour la septième croisade en 1248, puis une ultime fois à Aigues-Mortes en 1270, lors de la huitième croisade, peu avant sa mort. Mais Aigues-Mortes deviendra un centre d’échanges de tout premier plan avec les pays du Levant. Le roi saint y a érigé la Tour de Constance – longtemps seule défense de la cité – afin de protéger le port et la ville. Dans cette tour du roi furent enfermés durant les guerres de religion des protestants de Nîmes, dont le chef des Camisards, Abraham Mazel, qui réussit à s’en échapper en 1705, puis de nombreuses femmes dont Marie Durand qui, refusant d’abjurer sa foi, y fut détenue 38 ans.

Flâner dans la ville au gré des galeries d’art est un plaisir pour les yeux et la bouche tant Aigues-Mortes foisonne de créateurs et de bons cuisiniers.

1,6 kilomètre de murs d’enceintes

L’enceinte d’Aigues-Mortes est légèrement antérieure à la construction de la ville, qui s’est constituée à partir de 1246 ; d’ailleurs, à la mort de Saint Louis, les fondations des remparts ne sont qu’en partie tracées. L’enceinte a été financée par une taxe sur chaque marchandise transitant par le port, or à l’époque Aigues-Mortes était l’un des principaux relais commerciaux de la prospère république de Gênes. De ce fait, la position des portes sur cette enceinte en forme de quadrilatère a été déterminée par le tracé de voierie, déjà fixé. Ce qui explique que les portes de la cité soient irrégulièrement espacées. Les fondations des murs d’enceinte reposent sur une plate-forme de bois qui prend appui sur des pieux de chênes. Les pierres calcaires proviennent des carrières de Beaucaire et des Baux de Provence et ont été amenées par bateau. L’enceinte a été achevée au XIVe siècle. Les remparts de déroulent sur 1634 m.

Le plus vieux salin de la Méditerranée

Entre sel et mer, le plus vieux salin de la Méditerranée s’étend au pied d’Aigues-Mortes, dessinant de fait une partie du paysage économique de la ville. Car la vocation salinière d’Aigues-Mortes remonte à l’Antiquité. Il y a quatre cents ans, il existait une quinzaine de petits salins qui s’associèrent, sous l’aile d’un négociant montpelliérain, pour fonder en 1856 la compagnie des Salins du Midi. L’implantation même des salins rappelle que la Camargue est pour la France le plus important centre de production de sel. Écologique avant l’heure, l’activité des Salins du Midi s’étire dans un milieu naturel protégé au cœur de la Camargue gardoise, puisant son énergie des éléments qui l’entourent. Sa culture participe au maintien des zones humides et à la biodiversité. Un petit train permet la visite du site, également possible en 4x4.
Salins du Midi, Aigues-Mortes. Tél. :33 (0)4 66 73 40 23

Office de tourisme d'Aigues-Mortes - Tel : 33 (0)4 66 53 73 00 - www.monuments.nationaux.fr

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