Alès

Porte des Cévennes

La capitale des Cévennes gardoises, posée sur les rives du capricieux Gardon, est en plein regain.

Nous sommes au pays des “Gueules noires”, des “chemises blanches” (les Parpaillots*) et des vertes forêts. Les basses Cévennes, lieu de villégiature pour people lassés de la foule (Ysabelle Lacamp, Patrick Timsit, Charlie Watts le batteur des Rolling Stones, et l’actrice Bernadette Lafont, etc.), terre d’accueil pour soixante-huitards aventureux, terre des miracles en général. Après la fin de l’épopée minière, c’est ici que dans les années 1960, la vague néo-rurale est venue se “mettre au vert”, redynamisant une région affaiblie par l’exode rural.

Alès, la capitale des Cévennes, était alors ville blessée. La ville y a perdu sa place aux arcades et son auberge du Coq Hardi, qui selon la légende hébergea en 1629 la signature de la “Paix d’Alais” (liberté de culte) par Richelieu. Un épisode décisif pour la ville protestante. Avec la fermeture des dernières mines traditionnelles en 1982 et 1986 (celles à ciel ouvert suivront au début des années 2000), la cité ouvrière, qui à son apogée (1947) employait 24 000 mineurs, exploitait 21 puits regroupés sous le nom des Houillères du Bassin des Cévennes (3 millions de tonnes de houille furent extraites en 1950), a petit à petit tiré le rideau sur son passé houiller. L’ancienne “cité dortoir” posée sur les rives du capricieux Gardon se réveille.

Alès aujourd’hui est une ville foisonnante culturellement. On accourt des centres urbains voisins (Nîmes, Montpellier, Arles) pour suivre la programmation de son théâtre Le Cratère, Scène Nationale ; les cinéphiles viennent d’encore plus loin pour l’incontournable festival du cinéma Itinérances (chaque année en mars). Surtout, la ville se met au vert. Depuis 2007, Alès cumule les récompenses écolos : Rubans nationaux du développement durable, capitale française de la biodiversité, Marianne d’or, etc. Alès, c’est aussi la féria de l’Ascension chaque année en juin : on y perpétue la tradition taurine (corridas et spectacles taurins), tandis que la ville s’anime au rythme des bodegas.
* Papillon en occitan. Péjoratif, le terme désigne les Camisards, ces paysans réformés en blouses blanches qui vivaient la nuit, à la manière des papillons.

Office de Tourisme d’Alès 
Place de l'Hôtel de ville, 30100 Alès - Tél : 33 (0)4 66 52 32 15

Musée du Désert : culte au mas Soubeyran

Dans la cuisine du mas Soubeyran à Mialet dans le Gard (l’ancienne maison de Rolland, chef camisard), le clou de la visite est… une cachette d’hommes ! Elle exprime l’état de clandestinité permanente qui accompagna la période du Désert en Cévennes. Pendant un siècle, de la révocation de l’Édit de Nantes (1685) à l’Édit de Tolérance (1787), c’est ainsi que s’est forgé le protestantisme français. Dans la lutte et la privation des libertés (de culte, de libre arbitre, de mouvement pour les prisonniers ou ceux qui furent envoyés aux galères). En Cévennes, pays de montagnes et de caches, une résistance a pu s’organiser, emmenée par les Camisards (les insurgés). Pour commémorer cette période, chaque premier dimanche de septembre depuis 1911, l’assemblée du Désert célèbre cultes, mariages et baptêmes sous les chênes du mas Soubeyran. On peut visiter le musée attenant, consacré à l’histoire du protestantisme français.
Mas Soubeyran à Mialet - Tél. 33 (0)4 66 85 02 72 www.museedudesert.com

30 hectares de bambous !

En pleines Cévennes à Anduze, dans ce paradis de verdure aux allées bordées de bambous aux fragrances de séquoias, l’exotisme partout se fond dans les écorces et les feuillages de la forêt de bambous. Le décor paysager de la bambouseraie impressionnant par sa beauté est d’ailleurs inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Un superbe ginkgo biloba surplombe la vallée du dragon et un labyrinthe végétal attend le promeneur. Une boutique et une jardinerie complètent les installations paysagères. La visite du parc d’une trentaine d’hectares permet de prendre la mesure du projet d’Eugène Mazel, commerçant d’épices, qui a acheté le domaine de Prafrance en 1855. Des expositions permanentes et temporaires s’y nichent tout au long de l’année. 
La Bambouseraie - Tél : 33 (0)4 66 61 70 47 - www.bambouseraie.com

Séjours