Nîmes

La belle de pierre aux accents ibériques

Cité au glorieux passé antique, place importante de l'histoire du protestantisme, Nîmes est fière de son patrimoine et cultive ses différences, avec en toile de fond cet art de vivre si particulier.

Entre la rigueur protestante et l’exubérance camarguaise, Nîmes a décidé de ne pas choisir. A la fois extravertie et secrète, c’est une ville polychrome. Riche d’une histoire de plus de 2500 ans, Nîmes devint colonie sous l’Empire romain et fut couverte de somptueux monuments, qui témoignent de l’importance de la cité. La tour Magne, partie de l’enceinte romaine et haute de 37 mètres, la Maison Carrée, temple édifié durant les toutes premières années de l’ère chrétienne et inspiré du temple d’Apollon de Rome, qui dominait le forum de la cité antique, le temple de Diane et les anciens thermes romains, la porte d’Auguste et les arènes bien sûr, sont les témoins immobiles de cet âge d’or. Sans oublier le castellum, point d’arrivée de l’aqueduc construit pour affirmer la munificence de la ville et dont il reste aujourd’hui un monument à nul autre pareil : le fameux Pont du GardAucune autre ville française ne dispose d’un tel patrimoine antique. Vestiges grandioses, ces bâtiments élégants font la fierté d’une cité qui a su continuer de vivre avec son histoire. 

C’est bien le cas des arènes, construites au Ier siècle après Jésus-Christ, longues de 133 mètres et hautes de 21 mètres, qui accueillaient les jeux antiques, transformées en forteresse au Moyen-Age et qui 2000 ans après continuent d’être le cœur battant de la ville au moment des concerts et opéras qui y sont donnés en été, mais aussi durant les fameuses ferias à la Pentecôte et en septembre. Si plus de 10 000 passionnés s’y entassent sur les gradins de pierre pour suivre les corridas de taureaux, dans les rues de la ville, ce sont des centaines de milliers de personnes qui viennent vivre cet événement, dans une ambiance mi-espagnole, mi-camarguaise  totalement atypique.

Jalouse de son passé, Nîmes sait aussi conjuguer le présent 

Facétieuse, Nîmes la romaine la ville sait être aussi Nîmes la méridionale, avec ses cafés où l’on s’interpelle d’une terrasse à l’autre, ses halles réputées où s’affairent plus d’une centaine de commerçants et artisans talentueux, ses boulevards bordés de micocouliers et de platanes où il fait bon déambuler, ses places escamotées comme l’îlot-Littré, ancien quartier des teinturiers. La ville qui a fait fortune grâce à l’industrie du textile, aux banquiers d’affaires protestants et à la viticulture, sait aussi être Nîmes la discrète, avec ses élégants immeubles du XVIIIe siècle où réside la HSP – la haute société protestante – dans le quartier de la Fontaine et où l’on devine à peine l’élégance des cours intérieures des hôtels particuliers près des jardins du même nom, emplacement d’une source sacrée à l’époque antique, devenu somptueux parc au XVIIIe siècle.

Jalouse de son passé, Nîmes sait aussi conjuguer le présent et malgré son riche patrimoine, la ville est un terreau pour de grands noms de l’architecture qui ont bâti là quelques bâtiments qui ont fait date comme ceux érigés par Jean Nouvel (Nemausus), Kisho Kurokawa (le stade des Costières), Philippe Starck, Michel Wilmotte (les halles) et surtout le Carré d’Art, audacieux immeuble du Britannique Norman Foster construit en plein centre-ville pour y faire un musée d’art contemporain en 1993, en écho à l’antique Maison Carrée située juste en face. La perspective entre les arènes et la gare vient d’être brillamment réhabilitée avec des jeux de lumière, redonnant une harmonie à ces différentes architectures traversant vingt siècles. Une symbiose de la ville et de ce dialogue perpétuel passé-présent.

Le jean, originaire de Nîmes ?

A la fin de la Renaissance, comme dans toute la région à l’époque, Nîmes est une ville industrieuse qui exploite la laine produite dans l’arrière-pays pour produire des draps très réputés. Dès le XVIIe siècle, les drapiers nîmois se mettent à importer du coton d’Egypte afin de fabriquer une toile de serge rustique, teinte en bleu. Cette “toile de Nîmes” avait la réputation d’être très résistante. Presque autant que la toile fabriquée dans la ville de Gênes depuis le XVIe siècle et qui sert alors à fabriquer des voiles et des bâches. 
En 1853, alors que s’entame dans l’Ouest américain la ruée vers l’or, un jeune immigré allemand du nom de Levi Strauss vend des tentes et des bâches faites dans cette toile italienne aux prospecteurs d’or. Jusqu’à ce qu’il ait l’idée d’y tailler des salopettes et des pantalons de travail. Rapidement, les pantalons prennent le nom du tissu dans lequel ils sont confectionnés, le jean, déformation de Gênes. Toutefois vers 1860, Levi Strauss décide de remplacer le lourd tissus par une toile plus souple avec une armure de serge en coton : la fameuse toile de Nîmes. Les différences de prononciation aidant, cette toile de Nîmes est très vite devenue le “denim”, nom que porte toujours ce tissu pour fabriquer les “blue jeans”.

Office de Tourisme de Nîmes - 6 rue Auguste - 30000 Nîmes - Tél.: + 00.33 (0)4 66 58 38 00

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