« Faire jaillir une étincelle dans les yeux des randonneurs ! »

Vivre sur les Causses, un choix de vie pour Sylvain Riols, amoureux de grands espaces. Accompagnateur de montage, il propose des balades douces ou plus sportives sur les Causses. Entretien.

Vous avez 38 ans vous avez quitté votre Quercy natal pour vous installer sur ce territoire des Causses. Pourquoi ce choix ?

Essentiellement par amour de la nature. La nature a guidé mon choix ou plus exactement nos choix. Cette installation sur les Causses, c’est  aussi un projet de vie commun que l’on avait avec mon épouse. Un projet qui alliait le côté nature et tourisme. Moi, je suis effectivement guide de montagne et avec mon épouse nous tenons un gîte dans les gorges du Tarn. Nous avons eu le coup de foudre pour cette région tournée autour de l’agropastoralisme.

Les paysages de cette région ont profondément été modifiés au cours des derniers siècles…

Au cours de certaines de mes randonnées, comme celle au départ de la Bourgarie, j’essaye de faire prendre conscience de l’évolution du paysage des Causses. Des paysages qui ont été façonnés par l’homme et l’agropastoralisme. Cette terre a été défrichée pour la culture des céréales, du seigle et des légumineuses. Petit à petit d’agriculteur, il est devenu éleveur et l’élevage de brebis a pris le pas pour devenir production dominante.

Sur le Causse, il y a maintenant des fermes abandonnées et la forêt reprend le dessus…

Effectivement, mais on n’est pas dans un musée ce territoire est vivant. Il y a encore des bergers. Des randonneurs empruntent les GR. Les activités touristiques et agricoles animent l’économie locale.

Votre émotion la pus forte lors d’une de vos sorties dans ces grands espaces ?

Il y a des choses dont je ne me lasse pas et qui a chaque fois provoquent de vraies émotions. Par exemple, les paysages à couper le souffle au dessus des gorges vertigineuses. Ou encore, l’observation des oiseaux. Réussir à avoir au bout des jumelles, des poussins de vautour dans leur nid, reste un grand moment.

Et votre plus beau souvenir…

Lors d’une balade à la Baousse del  Viel (La Bosse du ieux), les randonneurs n’arrêtaient pas de répèter : « C’est zen », « C’est majesteux ». Ils venaient d’admirer une arche  naturelle de 40 mètres de haut et d’escalader le large rocher de Cinglegros, un éperon rocheux proposant une vue panoramique du canyon du Tarn. Je voyais des étincelles s’allumer dans leurs yeux. Un grand moment de bonheur pour moi aussi. Là, j’ai senti que j’avais réussi à faire partager ma passion.