Le train jaune, comme au Far West !

A la gare de Villefranche de Conflent, les TER modernes et gris se chauffent sous le soleil de Cerdagne. Pour eux c’est le terminus. Ils passent le relais à un train d’un autre âge, coloré de rouge et d’or...

Le « Train jaune » a presque cent ans. Chaque été, il est pris d’assaut. Grosse cohue aux guichets pour embarquer.

« Notre canari, assure la liaison entre Villefranche et Mont-Louis, deux sites Vauban classés au patrimoine mondial de l’Unescoc’est une des raisons de son succès », explique le préposé de la Sncf, chargé de faire patienter les passagers. Mais pas seulement.

Le spectacle à bord d’une voiture découverte en est un autre. Les massifs du Canigou, du Cambre d’Aze du Carlit et du Puigmal se détachent dans un ciel bleu azur. Un peu plus loin les eaux claires du Têt coulent au fond de vallées escarpées. Les tunnels se succèdent. Comme de vertigineux précipices. Les gamins d’une colonie de vacances jouent au train fantôme et se mettent à hurler à chaque passage de tunnel. Le train peine pour gravir les fortes pentes.

« Il y a 1 200 mètres de dénivelé entre Villefranche et la gare de Bolguère la plus haute de France » explique un passager. Il en est à son quatrième voyage.

A la sortie d’une courbe, il pointe son doigt pour montrer à ses petits enfants, une église romane. La motrice électrique ralentit et siffle pour franchir sur un viaduc suspendu au dessus d’un précipice. Une gare est en vue. Sur le quai des randonneurs lève les mains. C’est une autre particularité de ce train. Il s’arrête à la demande. Un peu comme dans  les trains du Far West .